Le noir et blanc a conquis les passionnés d’argentique comme moi, tombés dans la soupe bien avant l’arrivée du numérique et des smartphones. Mais le noir et blanc intéresse aussi ceux qui se revendiquent photographes de rue. La photo en noir et blanc fait partie intégrante de leurs portfolios. Ce sont souvent des connaisseurs — amateurs ou non — et des admirateurs des grands maîtres comme Winogrand, dont les photographies restent une référence absolue. Malheureusement, nous ne sommes pas tous auteurs de chefs-d’œuvre en noir et blanc.

J’ai toujours considéré la photo de rue comme un art difficile. Cadrer des visages en gros plan dans la rue, saisir l’instant décisif d’une scène urbaine — tout cela demande une forme d’audace et une acuité du regard que je ne revendique pas forcément. Alors, je choisis souvent ce que certains appelleraient la photo facile, et j’assume. Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les contrastes, les textures, les formes, les silhouettes et une tonalité spécifique. J’aime beaucoup les noirs profonds — ces zones d’ombre denses qui donnent du poids et du mystère à une image.
Une atmosphère plus qu’une scène
Avec le temps, ma démarche a évolué. Quel que soit le lieu où je photographie, je ne suis désormais plus dans l’idée de travailler une thématique définie comme la photographie de rue. Ce qui m’intéresse, c’est une atmosphère à la fois étrange, dramatique et mélancolique. C’est pourquoi je photographie davantage la nuit — non pas pour documenter une scène, mais pour capter une ambiance, un état du monde suspendu entre ombre et lumière.
La nuit transforme le réel. Elle efface les détails superflus, accentue les contrastes et laisse surgir des formes que la lumière du jour noie dans le bruit visuel. En noir et blanc, cet effet est décuplé. Les halos de lumière artificielle, les reflets sur le pavé mouillé, les silhouettes qui traversent un halo lumineux — tout devient matière à image, à sensations.
Cette recherche d’atmosphère m’a d’ailleurs conduit à explorer des techniques moins contrôlées, plus ouvertes au hasard. C’est notamment ce que j’évoque dans mon article sur l’effet pictorialiste en argentique : quand le hasard révèle l’art — une approche où l’accident technique devient langage photographique à part entière.
Le noir et blanc au-delà de la rue
Heureusement, il n’y a pas que la street photography pour s’exprimer brillamment en noir et blanc. Il existe d’autres domaines dans lesquels le noir et blanc excelle : le paysage, le portrait, la photo de mode, mais aussi les images banales du quotidien. Les occasions sont nombreuses pour exposer une pellicule noir et blanc, surtout lorsqu’on sait regarder les volumes et la répartition des masses.
Le noir et blanc peut s’appliquer partout — dans les scènes du quotidien, dans notre entourage immédiat, dans les espaces de transition que sont les couloirs, les quais, les ruelles. Ce n’est pas le sujet qui fait la photo en noir et blanc, c’est la lumière, la géométrie, et ce petit quelque chose d’indéfinissable qui transforme une image ordinaire en quelque chose qui résiste au temps.

Heureusement, il n’y pas que la « street photography » pour s’exprimer brillamment en noir et blanc. Il existe d’autres domaines dans lesquels le noir et blanc excelle. Dans les choix qui s’offrent au photographe, il y a bien sûr le paysage, le portrait, la photo de mode mais aussi les images banales du quotidien. Les occasions sont nombreuses pour exposer une pellicule noir et blanc, surtout lorsqu’on sait regarder les volumes et la répartition des masses. Le noir et blanc peut s’appliquer partout, dans les scènes du quotidien et dans notre entourage.
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