J’utilise le Canon EOS R6 depuis un peu plus de deux ans. Jusqu’à récemment, j’en étais pleinement satisfait. Cet hybride, relativement abordable pour une utilisation professionnelle, cochait de nombreuses cases : un autofocus redoutablement efficace, une ergonomie bien pensée, et surtout un poids contenu, très appréciable en comparaison de mon Canon 5D Mark IV, que j’ai conservé jusqu’en décembre dernier.

En reportage, notamment en mariage, le R6 s’est longtemps montré à la hauteur. Du moins jusqu’à ce jour d’hiver où tout a commencé à se dérégler.
Lors d’un mariage, les premiers symptômes sont apparus : les commandes ne répondaient plus. Impossible de modifier les réglages, ni même d’interagir correctement avec le boîtier. La seule solution a été de retirer la batterie, puis de la remettre en place pour retrouver, provisoirement, toutes les fonctionnalités.
C’est dans ces moments précis que l’on mesure, en tant que professionnel, l’importance vitale de travailler avec deux boîtiers et plusieurs objectifs. Quand un appareil vous lâche en pleine prestation, il n’y a pas de seconde chance.
Quelques jours plus tard, le problème s’est aggravé. Le boîtier s’est mis à déclencher en continu, sans même que je presse le déclencheur. Une rafale incontrôlable, impossible à stopper autrement qu’en mettant l’appareil hors tension. Une situation aussi incompréhensible que frustrante.

Ce qui rend l’expérience encore plus amère, c’est que ces dysfonctionnements sont apparus quelques jours seulement après la fin de la garantie.
En me renseignant, j’ai découvert que les problèmes de déclenchements fantômes et de commandes bloquées sont loin d’être des cas isolés. De nombreux témoignages circulent, y compris chez des photographes professionnels. Le plus inquiétant ?
Certains rapportent avoir fait remplacer la carte mère, à leurs frais, pour un montant conséquent… sans que cela ne résolve le problème.
Canon, de son côté, ne reconnaît pas officiellement de défaut de conception concernant l’électronique embarquée des EOS R6 et R5, et ne prend pas en charge ces réparations hors garantie. Une position difficile à accepter lorsque les symptômes semblent récurrents et documentés.
Je ressens aujourd’hui une profonde colère et une immense déception. J’ai acheté des dizaines de boîtiers Canon, investi dans de nombreux objectifs, et je suis resté fidèle à la marque pendant près de vingt-cinq ans. Du 5D Classic au 5D Mark IV, en passant par le Mark II, le 6D MKII et le Mark III, Canon a longtemps incarné pour moi la fiabilité.
Aujourd’hui, cette confiance est sérieusement ébranlée.
Le matériel photo professionnel est déjà extrêmement coûteux. La moindre des choses serait, à défaut d’une prise en charge systématique, de reconnaître les défauts connus, ou de chercher à les corriger — par une mise à jour, une amélioration matérielle, ou au minimum une communication transparente.

Pour être clair :
j’utilise exclusivement des batteries Canon d’origine récentes, des cartes mémoire SanDisk de dernière génération, et des objectifs Canon uniquement. Le firmware est mis à jour. Je prends soin de mon matériel, je ne l’expose pas à l’humidité, et je le transporte avec précaution.
Oui, mon EOS R6 est très sollicité, notamment en mariage, souvent en mode Servo. Mais j’estime qu’un boîtier présenté comme professionnel devrait pouvoir tenir au moins une dizaine d’années, ou à défaut, ne pas souffrir de pannes électroniques aussi critiques.
Aujourd’hui, la confiance est rompue. Et quand la confiance disparaît, surtout dans un outil de travail, ce n’est pas qu’un boîtier qui tombe en panne — c’est toute une relation avec une marque qui vacille.
Conclusion – Appel à témoignages
Je ne publie pas ce témoignage par goût de la polémique, ni pour discréditer gratuitement une marque qui m’a accompagné pendant plus de deux décennies. J’écris ces lignes par besoin de transparence, et aussi par inquiétude.
Lorsqu’un boîtier présenté comme « professionnel » devient imprévisible, ce n’est pas seulement un outil qui lâche : c’est toute une chaîne de confiance qui se fissure.
Je serais très intéressé de recueillir les retours d’autres photographes — amateurs avancés ou professionnels — ayant rencontré des dysfonctionnements similaires sur les Canon EOS R6, R6 Mark II ou R5 : déclenchements intempestifs, commandes bloquées, pannes électroniques inexpliquées, réparations inefficaces ou coûteuses.
Vos expériences, positives ou négatives, méritent d’être partagées.
Peut-être ces témoignages permettront-ils de mieux comprendre l’ampleur réelle du problème. Peut-être inciteront-ils aussi le constructeur à reconnaître certaines faiblesses et à assumer davantage ses responsabilités.
En attendant, cet article se veut avant tout un espace de parole, destiné à celles et ceux qui, comme moi, dépendent de leur matériel pour travailler, créer et honorer la confiance de leurs clients.

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