Ce billet fait partie des nombreux articles rédigés avant que je ne décide d’arrêter les conseils techniques et les revues de matériels. J’avais le choix entre tous les supprimer et les publier au compte-goutte. Je laisse passer celui-ci en espérant qu’il vous aidera à produire des images de rue avec un 6X6 ancien, en toute simplicité.

Pratiquer la photographie de rue avec un Zeiss Ikon Nettar
Le Zeiss Ikon Nettar est un appareil photo argentique format 6X6 assez basique. La visée est étriquée et la mise au point rudimentaire. Pour un photographe habitué à l’électronique, la pratique de la photographie de rue avec ce type de boîtier peut lui sembler incongrue mais c’est faisable. Je vais vous expliquer comment procéder si vous débutez avec ce moyen format à soufflet.
Réglez au préalable l’exposition
Il est possible de déclencher rapidement avec un 6X6 des années soixante si on adopte une méthode simple. Pour cela, je vous conseille de décider dans quel environnement de lumière déclencher et de vous y tenir. Avec de l’expérience, vous pourrez vous permettre de modifier les valeurs en fonction de la luminosité ou de vos choix esthétiques. Mais pour commencer, l’ouverture et la vitesse sont réglées à l’avance pour ne pas être pris au dépourvu. L’exposition doit être calculée à l’aide d’une cellule à main ou grâce à la règle du F/16 que vous connaissez tous bien.

Choisissez une zone de netteté fixe
Pour éviter d’être hors focus, il vaut mieux définir une zone de netteté suffisamment étalée. En choisissant une ouverture entre F11 et F16, vous limitez les risques. A F16 et une mise au point à dix mètres de distance, votre zone de netteté sera comprise entre 4 mètres et l’infini. Une mise au point à 5 mètres et une ouverture à F16 vous donnera une zone de netteté allant de 3 à 13 mètres ( données valables pour une focale de 75 mm sur un 6X6 argentique ).
Ne touchez plus aux réglages
Une fois vos réglages d’exposition et de mise au point effectués, n’y touchez plus, sauf si vous passez de l’ombre à la lumière. Vous aurez une série complète réalisée dans une luminosité identique et vous pourrez alors comprendre plus facilement ce qui fonctionne ou pas dans votre composition ou votre choix de sujet. Le but est de cadrer et déclencher rapidement dès que vous repérez une situation intéressante. En fonctionnant de cette manière, vous ne serez plus préoccupé(e)s de savoir si tout est bien calé. Vous prendrez plaisir en vous concentrant sur votre sujet et non sur les réglages.

Le choix de la pellicule
Par temps ensoleillé, je préconise une pellicule 100 ISO, la vitesse d’obturation du Nettar étant plafonnée au 1/200. Un film rapide comme la Kodak Tri-X 400 vous obligera à augmenter la vitesse au-delà du 1/200 si le soleil brille. Préférez les 400 ISO pour travailler à l’ombre ou en intérieur. La question ne se pose pas en photos de nuit. La Kodak Gold 200 et la Fomapan 200 font également l’affaire en plein soleil. Tous les vieux 6X6 argentiques ne sont pas limités au 1/200 comme le Nettar. Le Franka Solida, par exemple, monte au 1/500, ce qui me permet d’utiliser de l’Ilford HP5 en été.

Apprendre la photo argentique
Il n’y a rien de compliqué dans la photographie argentique. Vous pouvez très bien progresser seul(e) en lisant des magazines, en participant à des stages et surtout en pratiquant régulièrement.
Je suis désolé si les explications vous semblent sommaires. J’espère qu’elles contribueront tout de même à vous faire progresser dans votre pratique de l’argentique. Il s’agit d’une base de travail. Vous développerez ensuite vos propres méthodes. Des pistes de progrès, il en existe plusieurs. J’explique tous ces aspects de la photographie à l’ancienne dans mes workshops. Si le cœur vous en dit, venez faire une sortie photo argentique avec moi dans les rues de Lille.


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