8 juillet 2022 — Par Fred dans photographie argentique
Article modifié le 15 juillet 2025
Un portrait qui révèle le potentiel de l’Earl Grey

Je m’étais fixé comme objectif de réaliser un portrait au look rétro avec une Lomography Earl Grey. Mission accomplie grâce à Sabrina, qui a accepté de poser pour cette séance. Dès mes premiers essais, j’avais pressenti que cette pellicule pourrait exceller en photographie de portrait. Ce qui m’a immédiatement séduit, ce sont les nuances subtiles qu’elle procure dans les tons moyens et son rendu impeccable de la peau. Une pellicule qui devrait conquérir les passionnés d’argentique.
Technique et esthétique : la recette du rétro
Pour accentuer l’esthétique vintage de cette image, j’ai opté pour le Nikon FM2n équipé du légendaire Nikkor 50 mm F1.4. La prise de vue s’est faite à grande ouverture avec une vitesse relativement lente, créant cette légère imprécision de mise au point qui contribue au charme d’antan.
Le grain, présent mais harmonieux, résulte d’une agitation plus énergique que d’habitude lors du développement avec le révélateur Rodinal. Ces « imperfections » contrôlées rappellent justement la photographie d’autrefois et participent à l’authenticité du rendu.
Une pellicule qui mérite sa place en studio
La Lomography Earl Grey mérite définitivement sa place lors des shootings professionnels. Son grain séduisant et ses contrastes soutenus permettent d’obtenir naturellement ce look rétro très recherché par les stylistes, créateurs et artistes. D’ailleurs, elle existe également au format 120, ce qui m’ouvre de nouvelles perspectives. Je compte poursuivre mes expérimentations avec le Rolleiflex lors de mes prochaines séances portraits et photos de mode.
Une interrogation sur l’origine du film

Le prix de l’Earl Grey 100 reste raisonnable, mais une question me taraude : Lomography s’approvisionnerait-elle chez le fabricant tchèque Foma ? Si tel était le cas, l’Earl Grey ne serait-elle qu’une Fomapan repackagée, vendue presque deux fois plus cher ?
Pour éclaircir ce point, j’ai comparé les deux films développés dans les mêmes conditions avec du Rodinal. Le résultat m’interpelle : les caractéristiques semblent bel et bien différentes, comme en témoigne cette photo prise avec la Fomapan 100. Qu’en pensez-vous ?
Les défis de l’argentique dans un monde numérique
Commercialiser la photographie argentique noir et blanc n’est pas une mince affaire. Dans mon activité professionnelle, on me connaît principalement pour mes mariages et portraits en couleurs. Promouvoir mes prestations argentiques auprès des particuliers et professionnels relève parfois du défi.
Les réticences sont diverses. Certains clients, saturés d’images numériques fades et sans caractère, ne parviennent plus à apprécier la richesse du noir et blanc argentique traditionnel. D’autres, bien qu’amateurs du rendu pellicule, rechignent à payer un supplément pour des photographies « rétro » qu’ils imaginent pouvoir obtenir en un clic via une application mobile.
Dans le milieu professionnel, l’argentique demeure une niche. Ce type de photographie ne peut séduire le plus grand nombre, une réalité qu’il faut accepter avant de se lancer dans un tel projet. Pourtant, pour ceux qui savent l’apprécier, la magie opère instantanément.
Qu’avez-vous pensé de cette comparaison entre Earl Grey et Fomapan ? Partagez votre expérience avec ces pellicules dans les commentaires.

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