Je suis en train de contrôler les stocks de pellicules et je me demande si je vais encore acheter de la Kodak Tri-X cette année. Son prix approche la barre des 8 € chez mon revendeur habituel. Je n’avais pas prévu cette hausse brutale. Kodak a annoncé la couleur seulement en décembre. Si je continue à travailler avec de la Kodak, le surcoût annuel devrait être de l’ordre de 200 €. Je peux me permettre de supporter le coût parce que j’en consomme qu’une vingtaine par mois et que les prestations argentiques sont facturées aux clients. Mais en ce qui concerne les shootings modèles et le sorties photos argentiques pour les loisirs, je vais revoir ma stratégie.

J’aime beaucoup réaliser les portraits dans la rue avec de la Kodak Tri-X. J’avais remarqué que je m’en sortais toujours assez bien avec ce film, même par temps gris. Le portrait ci-dessus a été fait un jour sans soleil avec de la Tri-X exposée à 800 ISO. Le rendu est sympa. C’est malheureux à dire mais si Kodak continue sur cette voie tarifaire, mes achats de films iront chez Ilford. J’avais stoppé la photographie de rue en argentique. Il n’est pas dit que j’abandonne mes travaux personnels sur de la pellicule Kodak.
29 janvier 2025. Je relis cet article avec circonspection. Le prix de la Tri-X 400 est redescendu à 11 euros. Il était de 13 euros l’année dernière.
La flambée du prix de la Kodak Tri-X bouscule le monde de la photographie argentique
L’augmentation significative du prix de la pellicule Kodak Tri-X, film noir et blanc emblématique, ne passe pas inaperçue auprès des passionnés de photographie argentique. Cette hausse, perçue comme un véritable tournant, contraint les photographes amateurs à revoir leurs pratiques et pèse lourdement sur l’économie des photographes de mariage professionnels qui ont fait le choix de l’argentique.
Les amateurs entre système D et recherche d’alternatives
Pour de nombreux photographes amateurs, la Kodak Tri-X, longtemps considérée comme une référence pour son grain caractéristique et sa polyvalence, devient un produit de luxe. Face à des tarifs qui ont parfois doublé en quelques années, la communauté des photographes argentiques s’organise et explore de nouvelles pistes pour continuer à pratiquer leur passion sans se ruiner.
La solution la plus courante est de se tourner vers des alternatives moins onéreuses. La pellicule Ilford HP5+, souvent présentée comme la concurrente directe de la Tri-X, gagne en popularité. D’autres marques, comme la tchèque Foma avec ses films Fomapan, sont également de plus en plus plébiscitées pour leur rapport qualité-prix attractif.
Au-delà du simple changement de marque, certains amateurs adoptent des méthodes plus radicales pour réduire les coûts. L’achat de pellicule en grande longueur (bobines de 30,5 mètres) et le bobinage manuel des cartouches 35mm redeviennent des pratiques courantes. Bien que nécessitant un investissement initial dans une bobineuse, cette technique permet de réduire considérablement le coût par film.
Enfin, une conséquence plus directe de cette hausse des prix est une réflexion plus profonde avant chaque déclenchement. Les photographes amateurs sont incités à être plus sélectifs dans leurs prises de vue, un retour aux sources de la pratique argentique où chaque image compte.
Les photographes de mariage : un service « premium » qui a un coût
Pour les photographes de mariage qui ont fait le choix de travailler en argentique, l’impact de la hausse du prix des pellicules, et notamment de la Tri-X, se répercute directement sur leur modèle économique. Proposer des prestations en argentique est aujourd’hui clairement positionné comme un service haut de gamme ou de luxe.
Ces professionnels intègrent le coût élevé des pellicules et de leur développement dans leurs forfaits. Ils proposent ainsi des offres spécifiques « hybrides », mêlant photographie numérique et argentique, ou des formules « 100% argentique » à des tarifs significativement plus élevés. Le coût de la matière première, la pellicule, est donc répercuté sur le client final.
Si la Kodak Tri-X reste appréciée pour son rendu esthétique unique, certains photographes de mariage, soucieux de leur rentabilité, n’hésitent pas à utiliser un éventail de films en fonction des conditions de lumière et du rendu souhaité. La Kodak Portra pour la couleur et un choix varié de films noir et blanc, incluant la Tri-X mais aussi l’Ilford HP5+, leur permettent d’adapter leurs outils à chaque situation. Le choix de la pellicule devient alors une décision à la fois artistique et stratégique, où le coût est un facteur non négligeable.
En somme, la flambée du prix de la Kodak Tri-X agit comme un révélateur des tensions économiques qui traversent le marché de la photographie argentique. Elle pousse les amateurs à une plus grande ingéniosité et à une diversification de leurs choix, tout en consolidant le positionnement de la photographie de mariage argentique comme une prestation d’exception.
J’ai publié un nouvel article à propos de la Kodak Tri-X à l’occasion de ses 70 ans d’existence. Si cette pellicule vous intéresse et si vous souhaitez des conseils, n’hésitez pas à me contacter.

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