Kodak Tri-X ou TMAX ? Une question de grain, de goût… et de caractère
En photographie argentique noir et blanc, certaines pellicules deviennent plus que de simples outils : elles deviennent des compagnons de route, des signatures visuelles, des choix de cœur. Pour beaucoup, dont je fais partie, la Kodak Tri-X est de celles-là. Mais à l’image du café qu’on boit le matin, choisir entre une Tri-X et une TMAX, c’est avant tout une affaire de goût.

La Tri-X : une légende au grain bien trempé
La Tri-X 400, c’est une pellicule mythique. Elle a traversé les décennies, accompagnant les plus grands noms du photojournalisme, du reportage de rue, ou de la photographie de scène. Son rendu ? Contrasté, nerveux, vivant. Son grain ? Présent, parfois même envahissant — mais toujours expressif.
Ce que j’aime chez elle, c’est justement ce caractère. Quand je photographie un concert, une scène de rue ou un moment un peu brut, elle apporte une intensité supplémentaire à l’image. La Tri-X ne cherche pas à flatter, elle impose son style. On la reconnaît. Elle ne triche pas.
Mais ce caractère a aussi ses limites : son grain marqué peut déranger, voire détourner certains regards. Notamment dans des contextes plus doux, plus intimistes.
La TMAX : finesse, douceur et modernité
C’est là que la TMAX entre en scène. Kodak l’a conçue comme une pellicule plus moderne, à la structure de grain beaucoup plus fine. Sur le terrain, cela se traduit par des images plus lisses, plus nettes, avec une richesse de tonalités impressionnante.
Lorsque je photographie en argentique un mariage, par exemple, je me tourne souvent vers la TMAX. Elle sait se faire discrète. Elle ne vole pas la vedette à l’émotion. Elle accompagne le moment, tout en finesse.

Arabica ou Robusta ?
Pour expliquer la différence entre ces deux films, j’aime bien la métaphore du café. La TMAX, c’est l’arabica : doux, subtil, parfumé. La Tri-X, c’est le robusta : corsé, intense, légèrement rugueux. Il n’y en a pas un meilleur que l’autre. Tout dépend de ce que vous recherchez.
Envie d’un rendu classique, propre, élégant ? TMAX. Besoin de caractère, de punch, d’un rendu plus “authentique” ? Tri-X. Les deux films sont excellents, mais ils ne racontent pas la même histoire.
Le choix du film, un geste photographique
Dans le fond, choisir sa pellicule, c’est déjà poser un regard. C’est une première décision créative. C’est dire : “Voilà comment je vois cette scène, cette lumière, ce moment.” Et cela vaut aussi bien pour les réglages que pour le choix du film.
Ce qui est beau, c’est qu’il n’y a pas de réponse universelle. Certains photographes utilisent la TMAX en street photo et la Tri-X en portrait, à contre-emploi. Et c’est très bien comme ça.
Et vous, plutôt Tri-X ou TMAX ?
Je suis curieux : avez-vous une préférence marquée ? Êtes-vous du genre à rester fidèle à une pellicule, ou à varier selon vos humeurs et vos sujets ? Le débat reste ouvert, et c’est ce qui rend l’argentique aussi vivant.
Quoi qu’il en soit, entre TMAX et Tri-X, il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. Il y a simplement le vôtre.
Fête foraine à Lille en argentique — Fomapan 100 poussée et Rodinal, le test du contraste extrême
Photographier la fête foraine de Lille en argentique — Fomapan 100 poussée à 400 ISO, développée au Rodinal. Un test de contraste et de grain dans des conditions…
8 mai 1945 — photographier une reconstitution historique en argentique noir et blanc
Le 8 mai dans presque toutes les villes de France, l’histoire reprend vie. Entre Jeeps militaires, casques M1 et uniformes d’époque, j’ai sorti mes boîtiers argentiques pour capter…
Virée argentique à la campagne — une thérapie par l’image et la lenteur
Partir seul avec un appareil Argentique, sans plan ni objectif. Une pratique lente et consciente qui remet les choses en place — et nourrit le regard du portraitiste.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.