Fuji Superia — nostalgie et retour sur une pellicule couleur culte des années 90

Vous vous rappelez de vos premières photos de vacances ? Dans les années 90, j’achetais énormément de pellicules Fuji Superia. C’était l’une des références les plus vendues à l’époque avec la Kodak Gold. Pour les vacances, je prévoyais toujours autant de pellicules peu sensibles — 100 ISO — que de pellicules à 200 et 400 ISO. Je voulais pouvoir photographier à n’importe quelle heure, quelles que soient les conditions de lumière. Et pour les sorties nocturnes, je complétais avec des Fuji X-TRA 800.

Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est que la notion de sensibilité ISO était parfaitement comprise par les photographes amateurs de l’époque. Sur les emballages des films, un simple symbole indiquait s’il s’agissait d’une pellicule pour temps ensoleillé ou temps couvert. Aujourd’hui, lors des cours photo, on me regarde avec des grands yeux quand j’aborde cette question.

Portrait argentique sur pellicule Fuji Superia — 
nostalgie de la photographie couleur des années 90.

Ces tirages minilab qui vieillissent mal

Comme moi, vous avez certainement conservé des tirages brillants ou mats format 10×15 cm dans des albums photo à spirale. Malheureusement, certaines photos papier vieillissent mal. Alors que les tirages argentiques des labos pros tiennent admirablement leurs couleurs des décennies après, celles réalisées dans les minilabs des grandes surfaces ont souvent perdu leurs teintes d’origine.

Quand je partais en voyage, je faisais systématiquement tirer les films sur place. La facture était salée mais je voulais voir le résultat rapidement. Je me retrouve aujourd’hui avec une quantité impressionnante de photos papier dont une partie ne vaut plus grand chose visuellement. J’ai fait l’inventaire de celles qui auraient besoin d’un rajeunissement — heureusement, très peu se sont vraiment dégradées. Mais cela me désole de voir ces images dépérir.

Numériser ses négatifs couleur anciens — retrouver les couleurs d’origine

J’ai entrepris de numériser tous les films argentiques produits entre 1993 et 2005 en essayant de retrouver les couleurs d’origine des tirages. Ce qui me frappe dans ces images souvenirs très basiques, c’est la simplicité du cadrage et de la composition. Je ne cherchais pas le côté artistique. Je ne calculais rien.

Les couleurs ont aussi quelque chose de différent par rapport aux images que je réalise aujourd’hui. Les teintes étaient parfois éloignées de la réalité — et aujourd’hui, cette infidélité me plaît beaucoup. Tant pis si les couleurs des vêtements ou des cheveux ne respirent pas la vérité absolue, tant que ça reste raisonnable. En numérique, je ne dirais pas la même chose.

La colorimétrie du négatif couleur — interpréter plutôt que corriger

De nos jours, la colorimétrie doit être rigoureusement maîtrisée selon les experts. En argentique, la pellicule couleur possède sa propre balance des blancs — mais à l’étape numérisation, les erreurs de colorimétrie sont fréquentes.

Je me suis interdit de corriger trop sévèrement les dominantes de couleurs. J’ai même parfois volontairement décalé les tonalités pour me rapprocher de ce que j’avais sur papier autrefois. Résultat : des scans qui ressemblent aux tirages des labos Fuji Frontier de l’époque. Ce retour dans le passé m’a rendu nostalgique et me donne envie de regriller de la Fuji Superia.

L’entreprise FujiFilm a annoncé une hausse importante du prix de ses produits — peu importe. Le plaisir de faire des images avec du film standard est bien présent.

Ce que la couleur argentique m’a appris

Cette sensibilité aux couleurs argentiques — leur infidélité assumée, leur chaleur particulière, ce grain qui dit quelque chose sur le moment — c’est ce que je retrouve aussi dans mon travail en noir et blanc. Les deux pratiques viennent du même endroit : une attention au rendu que le numérique ne peut pas reproduire.

Si vous cherchez à explorer la pellicule couleur, je vous recommande également la lecture de cet article sur les couleurs Kodak et les presets argentiques — et pourquoi les imitations numériques ne font jamais vraiment le poids.


Portrait argentique noir et blanc  ·  Photographe artiste Lille  ·  Tirages argentiques

Photographe argentique au Rolleiflex — Portraits sur pellicule. Lille, Paris, Belgique.


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