
Compact, léger et facile à mettre en œuvre, ce moyen format argentique est parfait pour les balades en ville. Ne vous fiez pas à son allure rudimentaire. Il peut se montrer tout aussi efficace qu’un Rolleiflex ou un Hasselblad !
Zeiss Ikon Nettar - Fomapan 100
Choisir un appareil argentique moyen format 6x6 pour photographier la ville offre une approche unique et contemplative de la photographie urbaine. Ce format carré impose une nouvelle manière de composer l’image, loin du traditionnel 24x36. La symétrie du 6x6 invite à une recherche d’équilibre, de géométrie et de structure qui se marie parfaitement avec les lignes architecturales et les motifs répétitifs de la ville. En se concentrant sur un cadre central et équilibré, le photographe est amené à ralentir, à observer plus attentivement son environnement, à anticiper chaque déclenchement. Cette lenteur est renforcée par la nature même de l'argentique : pas de rafale, pas de prévisualisation, seulement douze poses par pellicule. Chaque image doit être réfléchie, chaque cadrage maîtrisé. Cela change radicalement la façon d’interagir avec l’espace urbain et encourage une pratique photographique plus méditative, presque tactile.
Le rendu argentique, notamment en moyen format, offre une profondeur et une richesse tonale difficilement égalées par le numérique, surtout dans les hautes lumières et les nuances de gris ou de couleur. Les négatifs 6x6, plus grands, enregistrent plus de détails et donnent une sensation de tridimensionnalité qui sied parfaitement à la ville : textures du béton, reflets sur les vitres, jeux d’ombre et de lumière entre les bâtiments. Les films comme le Kodak Portra, l’Ilford HP5 ou la Fuji Pro 400H ont chacun leurs signatures esthétiques, apportant des ambiances très différentes à une même scène. De plus, l’usure naturelle des films, les légères imperfections, le grain subtil, donnent une patine particulière à l’image, qui semble traverser le temps. Cela permet de construire un regard singulier sur la ville, qui s’éloigne de l’esthétique lisse et immédiate du numérique pour aller vers quelque chose de plus organique, plus intemporel.
Enfin, le choix du 6x6 argentique est aussi une expérience humaine et sensorielle. Les boîtiers emblématiques comme le Rolleiflex, le Hasselblad 500C/M ou les Lubitel exigent un maniement manuel, souvent par le biais d’un viseur à hauteur de taille, qui inverse latéralement l’image. Cette façon de cadrer, plus lente et déstabilisante au début, invite à une autre interaction avec son sujet. Dans la rue, on est moins perçu comme un "photographe intrusif", l'appareil attire la curiosité et les échanges s'ouvrent plus facilement. L’objet lui-même, souvent élégant et mécanique, attire l’attention autant qu’il crée une distance respectueuse. En choisissant le 6x6 argentique pour la photographie urbaine, on choisit donc aussi un mode de relation différent à la ville : un dialogue plus lent, plus humble, mais aussi plus intense, qui laisse la place à la surprise, à l’accident heureux, et à la poésie du réel.

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