J’aime les photographies sans prétention. Celles qui sont prises instinctivement, sans trop réfléchir. Je préfère une image un peu imparfaite à un portrait trop léché, trop contrôlé. Je le constate chaque jour : les clients ne réagissent pas aux images sophistiquées. Ils s’arrêtent sur les moments capturés naturellement, sur ce regard qui ne pose pas.

Technique et authenticité — ne pas confondre les deux
On peut maîtriser la lumière, soigner la composition, travailler chaque détail — et rater complètement son portrait. Parce qu’on a oublié l’essentiel : la personne en face.
L’authenticité ne vient pas du support. Une photo argentique n’est pas plus vraie qu’une photo numérique. Elle vient de la relation entre le photographe et son modèle — de la confiance qui s’installe ou non, du moment où la personne arrête de poser et commence à exister dans le cadre.

Comment je travaille concrètement
Je règle mon appareil en fonction de la lumière, puis j’oublie la technique. Ce qui compte ensuite, c’est d’être réactif — déclencher vite, au bon moment, sans interrompre le fil de l’échange.
Je discute beaucoup. Je m’intéresse à la personne — ses passions, ce qui l’anime. Je ne demande jamais de pose extravagante à quelqu’un d’introverti. Je ne force personne à jouer un rôle qui ne lui ressemble pas.
Je me souviens d’une séance où la personne était très crispée. J’ai proposé qu’on traverse un jardin public pour s’éloigner des passants. On a marché, parlé. La séance s’est faite presque sans qu’elle s’en rende compte. Elle m’a écrit ensuite pour me dire qu’elle avait autant apprécié le moment que les photos elles-mêmes. C’est ça, pour moi, une séance réussie.

Ce que m’a appris Platon Antoniou
Le photographe portraitiste britannique Platon travaille à l’opposé de ma méthode — il pousse ses sujets dans leurs retranchements pour provoquer une réaction. Pourtant, nous partons du même principe : la technique n’est qu’un outil. Ce qui compte, c’est la connexion avec le sujet, la capacité à révéler quelque chose de vrai. C’est ce qui rend ses portraits de chefs d’État ou de militants des droits civiques aussi saisissants — pas ses réglages.

Quelques repères si vous photographiez des portraits
- Ne dirigez pas quelqu’un qui n’est pas à l’aise avec son corps
- Un boîtier, un objectif fixe — c’est suffisant
- Réglez l’exposition avant, puis oubliez l’appareil
- Tournez autour du sujet, variez les angles sans chercher l’effet
- Prenez le temps de cerner la personnalité avant de déclencher

Je propose des séances portrait argentiques en extérieur ou à domicile, à Lille et alentours. En savoir plus sur les tarifs et prestations.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.